
Un long métrage documentaire de Pierre Carles
101minutes - Couleur - Stéréo
France,2026
N° visa d’exploitation : 157518
Produit par Annie Gonzalez, C-P Productions
Distribution ASC Distribution
Le militant libanais Georges Abdallah a été incarcéré près de 41ans en France. Ce résistant communiste pro-palestinien s’est vu affubler de l’étiquette ”terroriste”. À tort. Une incroyable fake news et de fortes pressions exercées par les États-Unis sur la France sont à l’origine de cette durée de détention hors-norme. À 74 ans, il a réussi à sortir de prison, debout, ses convictions politiques intactes.
Festivals : Cinemed Montpellier 2025 – Festival Ciné 32 Indépendance(s) et création 2025.
Assistantes de réalisation : Léa Gasquet, Clara Menais
Image :Pierre Bourgeois, Pierre Carles, Olivier Guérin, Philippe Lespinasse, Clara Menais
Son : Christian Berthier, David Rit
Montage : Florence Jacquet, Pauline Dairou assistées par Matthieu Parmentier
Mixage : Clément Chauvelle
RimaHassan, Georges Abdallah, Philippe Rochot, Nicolas Dot-Pouillard, Georges Malbrunot, Pierre Barbancey, Patrick Bobulesco, Yves Bonnet, Jean François Clair, Raymond Blet, Christine Delanne, Alain Marsaud, Veronique Brocard, Jean Lesieur, Hervé Brusini, Serge Quadruppani, Georges Marion, Maurice Abdallah, Salam Abdallah, Robert Abdallah, Jacques Vergès, Georges Kiejman, Jean-Louis Chalanset, Jean-JacquesGandini, Isabelle Coutant-Peyre, Christiane Taubira, Samar Najjar, Suzanne Le Manceau
Et toutes celles et ceux qui se sont mobilisés pour la libération deGeorges Abdallah
Avec la participation plus ou moins volontaire de
Jean-Marie Beney
Jean-Louis Bruguière
Eric Dupond-Moretti
Laurent Fabius
François Hollande
Manuel Valls
Avec l’aide de avec l’aide à la création de la Région Occitanie en partenariat avec le CNC
avec le soutien de la municipalité de Grenay et de la radio La Clé des ondes
en association avec Pierre Carles et Hélène Des Ligneris
avecl'appui du site legrandsoir.info
Pierre Carles
Né en 1962 à Bordeaux (France). Après des études d’animation socioculturelle et de journalisme, il travaille comme caméraman d’actualité avant de tourner ses premiers courts-métrages documentaires dans l’émission belgo-française Strip Tease. En1998, il réalise Pas vu pas pris, un film de critique des médias,sélectionné dans la programmation de l’Acid à Cannes et à Locarno, puis La Sociologie est un sport de combat (2001), un portrait du chercheur en sciences humaines Pierre Bourdieu. Depuis 25ans, il a réalisé ou coréalisé une dizaine de longs-métrages,portant un regard critique sur le salariat, documentant la décroissance, abordant la question du recours à la lutte armée,faisant découvrir la politique anti-FMI du président d’Équateur Rafael Correa... Il a également coréalisé des portraits de personnalités singulières comme le professeur Choron, le dessinateur utopiste Gébé ou l’improbable candidat à la Présidentielle Jean Lassalle. En 2026 il sort en salles L’ Affaire Abdallah un film-enquête sur le scandale de l’incarcération pendant 40 ans, sur le sol français, d’un résistant communiste libanais devenu le plus ancien prisonnier de la guerre israélo-palestinienne.
En ouvrant son film par l’image surprenante de la députée Rima Hassan en visite dans la cellule de Georges Ibrahim Abdallah, Pierre Carles fait d’une pierre deux coups. Tout d’abord l’émotion: l’accolade entre la rayonnante jeune femme et le vieil homme bouleversé qui la serre dans ses bras en disant à la camera :« C’est la première fois que des gens venus de l’extérieur entrent dans ma cellule ». Ensuite l’intention : C’est un film qui va déconstruire la méfiance spontanée à laquelle le spectateur lambda aura sans doute fini par succomber à l’égard de certaines figures diabolisées par - disons le gentiment - la pensée mainstream.
Car demandez à un quiconque de citer de mémoire le nom d’un« terroriste », il vous dira Georges Ibrahim Abdallah. Quand à Rima Hassan, peu de personnalités politiques peuvent se targuer d’avoir été autant insultées et vilipendées que cette passionaria de la cause palestinienne depuis qu’elle est entrée, un keffieh jeté sur ses épaules, dans l’arène du spectacle politico-médiatique français. Avec cette première séquence,Pierre Carles fait la promesse d’un film qui va bousculer les idées reçues, et il la tient, poursuivant son œuvre de salubrité publique dans une enquête longue , détaillée, et parfois drôle dont nombre de figures politiques et médiatiques ne sortent pas grandies . L’une des forces du film étant que certaines de ces personnalités, en particulier des journalistes penauds , avouent avoir mal fait leur travail , contribuant par là à construire une atmosphère menant à la condamnation à perpétuité d’un homme dont le dossier était quasiment vide, puis à l’acharnement politique dont il a été victime et qui lui a valu de passer plus de40 ans en prison alors qu’il était libérable depuis plus de 20ans.
Georges Ibrahim Abdallah a certes assumé l’exécution par son organisation( les Fractions armées révolutionnaires libanaises) de deux officiers de renseignements , l’un israélien et l’autre américain, à Paris , en 1982. Rien ne prouve qu’il ait participé personnellement à ces actions mais il ne s’en est pas dissocié. Depuis la fin des années 70, son pays - le Liban - étant régulièrement ( il l’est toujours) envahi et bombardé par l’armée israélienne avec le soutien américain, il considérait avoir pris les armes contre l’ennemi de son peuple. On comprendra que de son point de vue et de celle de ses avocats, ces deux morts s’inscrivent dans une guerre où des dizaines de dirigeants et de représentants politiques et militaires libanais et palestiniens ont été assassinés avant, pendant et après les décennies qu’il a passé derrière les barreaux, cette pratique de l’assassinat politique « partout où l’ennemi se trouve » ayant été revendiquée par tous les dirigeants israéliens, de Golda Meir à Benyamin Netanyahu. Mais ni Georges Ibrahim Abdallah ni son organisation ne se sont jamais attaqué à des civils et il s’est toujours déclaré opposé à ce genre d’actions. Le film de Pierre Carles démontre, entretien après entretien, comment une presse quasiment unanime a pourtant cherché à lui mettre sur le dos des attentats de masse commandés par les services iraniens pour faire pression sur la France, des attentats avec lesquels il n’avait rien à voir, que les services français n’avaient pas réussi à déjouer, et qu’ils avaient trouvé pratique de les lui imputer , à lui , à ses frères et aux FARL qui n’existaient déjà plus. Envoyant le film on est effarés de voir comment des journalistes« sérieux » peuvent tomber dans des pièges aussi grossiers. Et les films historiques ayant d’autant plus d’intérêt qu’ils contribuent à éclairer le présent , on se dit aussi qu’il importe plus que jamais d’être vigilants face aux manipulations d’opinion qui hélas se multiplient tellement que parfois le vertige nous prend …
Simone Bitton
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